Matières organiques

Les mythes du bac brun

  • La poubelle ne changera pas beaucoup. Faux: le tri à la maison des matières organiques putrescibles amène plusieurs conséquences au niveau du bac noir (déchets domestiques). La poubelle de maison, en perdant jusqu’à 55 % de son contenu, sera plus petite, moins lourde et pourra être collectée moins fréquemment. Sans les déchets putrescibles, il y aura moins de mauvaises odeurs, elle sera moins sale, donc demandera moins d’entretien et attirera aussi moins de nuisances (vermines).
  • La matière dans le bac brun donne un compost pauvre. Faux: le tri à la source peut donner le meilleur compost. Selon les résultats d’une étude de l’IRDA pour le compte du MDDELCC, il est possible d’atteindre les critères de qualité A de la norme CAN/BNQ 0413-200 avec des composts faits à partir de résidus organiques de 3e voie.
  • Personne ne veut du bac brun dans sa cour. Faux: une synthèse de sondages (Gatineau, Lévis, Rosemont et autres) montre un taux de satisfaction très élevé chez les participants, soit plus de 80 %
  • Le bac brun doit faire 240 L sinon il prendra au vent. Faux: un bac brun vide de 80 L pèse environ 8 kg, un bac de 120 L pèse environ 10kg et celui de 240 pèse 16 kg. Le poids du bac de 80 L est tout à fait adapté et il faudrait des vents très forts pour le renverser, d’autant que la matière organique est assez dense (contrairement au bac bleu rempli d’emballage et donc de vide où le 240L était adapté) et ajoutera du poids et donc de l’ancrage au sol pour le bac.
  • Si l’on considère les chiffres donnés par la ville Saguenay, soit 292 kg de déchets par habitant par année (PGMR), 53 % de matière organique dans ces déchets (consultation du 21 février), une masse volumique variant de 0.45 kg/L à 0.7 kg/L pour la matière organique, on obtient un volume de matières organiques de 221L à 344 L par an par habitant si le taux de récupération est de 100 %. Avec un bac de 240 L pour 4 personnes, on le remplirait de 3,6 à 5,6 fois par an, ce qui est très peu et montre que le bac est trop gros, surtout dans un contexte où l’on prône la réduction à la source et donc éviter le gaspillage alimentaire pour encore réduire les volumes. Avec un bac de 80 L par exemple, on passe à des chiffres beaucoup plus intéressants avec un bac que l’on remplirait de 11,2 à 17,2 fois par an et donc beaucoup plus utilisé.

Position du CREDD

Approche régionale :

Dans un but d’efficacité au niveau de la sensibilisation et communication et pour mettre les efforts en commun, le CREDD prône une approche régionale et de concertation entre les quatre MRC et Saguenay, pour la gestion des matières résiduelles. Le moment est d’autant plus opportun que la mise en place de la gestion des matières organiques concerne toute la région, vu que le LET d’Hébertville accueille maintenant les déchets de la région au complet.

Pourquoi il faut un bac brun :

L’argument souvent utilisé contre le bac brun est que, pour garder des coûts équivalents, il faudrait une fréquence de la poubelle au mois. Le CREDD vous présente donc ici des moyens de diminuer les coûts de façon à conserver une fréquence de collecte des matières plus habituelle.

  • Passer à un bac de plus petite taille. Un bac de 240 litres représente un volume énorme et un investissement de 3.3 M$ pour une durée de vie estimée de 20 ans. Des bacs de 80 et 120 L sont disponibles.
  • La fréquence actuellement proposée pour la collecte des poubelles et du bac brun pourrait être modulée de façon à équilibrer les passages sans augmenter le prix. En effet, sans contenir les matières organiques, la poubelle pourrait être ramassée aux deux semaines toute l’année au vu de la diminution du volume. Le compost quant à lui pourrait être ramassé au mois durant l’hiver au vu des volumes considérés et de la diminution de l’activité organique pendant les températures hivernales.
  • Le risque technologique associé au bac brun est quasi nul alors qu’un bras robotisé pour trier les déchets dépendra de l’évolution de la technologie, du cout de l’entretien ainsi que du bris des pièces alors que la société qui le propose a un monopole sur cette technologie au Québec.
Pourquoi il ne faut pas de sacs :
  • Les couts seront récurrents. Chaque sac coutera à la municipalité (2 à 3 sacs par semaine par unité d’occupation) et le prix de ces sacs subira l’inflation et la variation du prix du pétrole s’ils sont faits en plastique. De plus, il faut aussi prendre en considération les coûts du transport (sacs produits hors du Québec) ainsi que de la distribution, qui ne sont actuellement pas explicitement donnés par la ville. Ce sont donc des coûts ainsi que des émission de gaz à effet de serre récurrents à prendre en compte.
  • Les sacs ne seront pas produits ici mais en revanche ils seraient enfouis ici, au LET d'Hébertville.
  • Les sacs en plastique fin sont actuellement de plus en plus bannis au Québec. Utiliser ce genre de sacs pour nos déchet alors qu'une autre alternative existe est paradoxale.
  • Les sacs ne sont pas adaptés pour les gros volumes. Les industries, commerces et institutions, les parcs municipaux et les évenements ne pourront pas gérer leurs matières organiques avec les sacs comme la ville les envisage. Il faudrait une autre gestion, ce qui double le travail.
 Pourquoi le compost plutôt que la biométhanisation :
  • Le compost, en plus d’éviter les émissions de GES dues à l’enfouissement, est aussi un retour à la terre des éléments et comprend donc de nombreux autres avantages environnementaux s’il est redistribué aux agriculteurs en tant qu’engrais.
  • Une plateforme de compost à aire ouverte coûte entre 1 et 5M$, contrairement à un plateforme de biométhanisation qui coûte de 28 à 48M$.
  • La production de biogaz dépend du volume acheminé et la méthode de biométhanisation est donc très peu flexible face aux variations de volume et de qualité des matières reçues.
  • À réduction de GES équivalente, le coût de traitement à la tonne reste aussi beaucoup plus cher avec la biométhanisation qu’avec le compost.
  • Avec une usine de biométhanisation, le but va être de rentabiliser l’installation et les coûts de sa construction. Le but va donc être de produire le plus de biogaz possible, et donc de continuer à produire des résidus organiques. Si le volume des boues municipales ne varie pas beaucoup, la quantité de matière organique produite par une famille moyenne peut varier grandement en fonction du gaspillage alimentaire. Le CREDD, qui prône une réduction à la source ne peut donc pas soutenir une initiative dont l’économie dépend de la production de matière résiduelle.

 

Ailleurs au Québec

Plus de 365 municipalité ont opté pour le bac brun.