Projet d’usine de transformation de concentré de fer en fonte brute et en ferrovanadium à ville de Saguenay par Métaux Blackrock inc.

Les 5 enjeux incontournables

En collaboration avec d’autres organismes oeuvrant dans le domaine de l’environnement, le CREDD a identifié 5 enjeux incontournables :

o Les infrastructures d’alimentation de l’usine en eau, gaz, électricité, O² et N²;

o Le transport du minerai de la mine vers l’usine;

o Les matières résiduelles générées par le procédé à l’usine;

o Les émissions de gaz à effet de serre (GES) produites par le projet;

o Le transport par voies navigables sur la rivière Saguenay.

Ces enjeux ne sont pas les seuls mais les principaux que nous avons identifiés en tant que conditions sans lesquels le projet ne nous parait pas acceptable.

Documentation du BAPE

Résumé du projet

Métaux BlackRock (MBR) projette de construire et exploiter une usine afin de fabriquer de la fonte brute de haute qualité et du vanadium à partir de concentré de vanadium-titane-magnétite (VTM) qui sera produit à partir de la mine de MBR à Chibougamau.
Le projet prévoit la création d’infrastructures d’un site industriel composé d’une usine de transformation du concentré VTM ainsi que des bâtiments et services auxiliaires. La capacité de production annuelle du site industriel sera d’environ 500 000 tonnes de fonte brute de haute qualité et 5 200 tonnes de ferrovanadium (FeV80) par an.

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Notre position

Morcellement du projet

Dans les arguments avancés par MBR pour la localisation du projet au port de Grande Anse, le promoteur avance que les principaux arguments en faveur de la localisation au Saguenay ont été : le pipeline de gaz, le transport ferroviaire et la disponibilité des infrastructures connexes

Nous considérons qu’il serait logique de les compter dans les impacts puisque ces industries s’ajoutent à la région pour la seule et unique raison de fournir Métaux BlackRock.

Recommandation n°1

QUE le promoteur s’assure que ses partenaires respectent les principes du développement durable et minimisent les impacts négatifs de l’ensemble des infrastructures connexes.

 

Recommandation n°2

QUE le promoteur choisisse ses partenaires en fonction des impacts sociaux et environnementaux de leurs structures et non seulement en fonction du prix.

 

Le tracé de la ligne électrique est déjà prévu selon un tracé considéré optimal par Hydro-Québec. En revanche, pour le gazoduc, l’étude est toujours en cours et un tracé devrait être décidé sous peu. Le CREDD considère qu’il serait préférable que les tracées des lignes électriques et du gazoduc soient étudiés en commun afin de minimiser les impacts, qu’il soit sociaux ou environnementaux, des deux infrastructures et non de chacune d’elle séparément.

Recommandation n°3

QUE les partenaires se concertent pour créer un tracé optimal commun à la ligne électriques et au gazoduc.

 
Le transport

Il y a actuellement deux scénarios de transport pour acheminer le minerai de Chibougamau jusqu’au nouveau site de transformation à Grande-Anse :

  • un scénario ferroviaire dans lequel le minerai utiliserait le chemin de fer existant pour aller directement de la mine au port de Grande-Anse. 
  • un scénario de transport par camion, qui comprend environ 60 camions par jour, et ce, 7 jours par semaine.

Ce deuxième scénario entraine plusieurs conséquences que le CREDD considère comme trop importantes pour qu’il soit sérieusement envisagé. En effet, les gaz à effet de serre générés par le camionnage seraient beaucoup trop importants, puisque l’on multiplie par 1,81 les GES en passant du train au camionnage .

Recommandation n°4

QUE le transport du minerai de la mine vers l’usine soit réalisé par train afin de réduire au minimum les émissions de GES.


Les émissions de gaz à effet de serres

Les émissions de gaz à effet de serre du projet sont estimées à 355 849 T CO2 équivalent.

Recommandation n°5

QUE le promoteur prenne des mesures concrètes qui lui permettraient de s’approcher de la carboneutralité et de son objectif de zéro émission.

 

Recommandation n°6

QUE  le promoteur développe un partenariat avec une organisation œuvrant dans le domaine ou que celui-ci s’associe à des initiatives telles que Carbone boréale.

 

Les matières résiduelles

Le projet va produire jusqu’à 55 630 T de matières résiduelles par année.

De plus en plus au Québec, il est question de l’approche des 3R-V-E soit Réduction à la source, Réemploi, Recyclage et Valorisation. Le « E » pour élimination (enfouissement) étant la finalité, lorsqu’il n’y a aucune autre solution.

Recommandation n°7

QUE le promoteur mette en place un plan de gestion des matières résiduelles avec des objectifs quantifiables et un plan d’action afin de limiter l’enfouissement matières résiduelles.

 

Recommandation n°8

QUE le promoteur mette en place un mécanisme de valorisation des matières et produits de l’usine en premier lieu dans la région.

 

Recommandation n°9

QUE le promoteur mette en place toutes les conditions nécessaires afin d’accentuer l’effort de recherche portant sur la valorisation de ses résidus.

 

Enfin, en plus de l’approche des 3R-V, l’économie circulaire est aussi une démarche de plus en plus mise en place afin d’optimiser le cycle de vie des produits et ressources. Le CREDD considère que la gestion des matières résiduelles devrait aussi se faire dans une optique d’économie circulaire locale.

 

La navigation sur le Saguenay

La navigation actuelle sur le Saguenay est de 225 navires par an. Le projet de Métaux BlackRock à lui seul générera 25 bateaux de plus par année. Ces derniers pourraient avoir des incidences sur les mammifères marins, dont le béluga qui circule dans le Saguenay.

Recommandation n°10

QUE les effets cumulatifs de la navigation sur le Saguenay soient mieux pris en compte dans le projet.

 

Recommandation n°11

QUE le promoteur s’engage à participer de façon active à un exercice de concertation portant sur la navigation sur la rivière Saguenay.

 

Recommandation n°12

QUE le promoteur contribue à faire avancer les connaissances sur l’écosystème de la rivière Saguenay.

 

De plus, lors des audiences publiques, nous avons appris que la scorie de titane, 135 000T/an, serait possiblement exporté en Asie par bateaux. Nous nous questionnons fortement quant au nombre de navires qui circuleront sur le Saguenay si des partenariats se font en Asie. Nous recommandons donc la chose suivante :

Recommandation n°13

QUE les bateaux soient optimisés le plus possible afin de ne pas faire de transports à vide sur le Saguenay.